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ABOUNADDARA : UN CINEMA AU SERVICE DE LA DIGNITE

January 5, 2017

D’une révolution réprimée par un état criminel à une guerre surmédiatisée avec indécence. Tel a été le sort du printemps arabe Syrien. Une situation difficile et complexe que le collectif cinématographique Abounaddara tente de capturer en images, dans le respect de la dignité du peuple Syrien.

 

Les Syriens privés du droit à l’image et à l’autodétermination

 

En 2011, la Syrie à l’instar d’autres pays arabes, s’est soulevée contre une dictature oppressante. La suite a pris une tournure effroyable. Opposants et partisans laïques de la révolution ont été persécutés par le régime d’Assad instaurant la terreur par des offensives militaires inhumaines. Les djihadistes ont pris le contrôle des principales milices rebelles. Le pays en est devenu un nid fécond d’intégrisme et un terrain de combat international.

 

Le peuple Syrien se voit pourtant contraint d’endurer une double peine. En plus des souffrances de son quotidien, il doit également subir l’indignité de sa représentation dans les médias. Jamais un crime contre l’humanité n’a autant été mis en spectacle. Chaines de télévision et médias sociaux se livrent à une surenchère d’images violentes des victimes et des bourreaux. Corps mutilés, meurtris, inertes, en clichés ou en vidéos circulent abondamment sur internet et à la télévision. Consommées par le grand public entre deux publicités, dans les transports ou confortablement assis sur un canapé, ces images insensibilisent à la souffrance des Syriens. Un réel spectacle de l’horreur qui leur refuse la dignité, qui réduit leur identité à la douleur et qui les définit par la violence.

 

Abounaddara : « un cinéma d’urgence »

 

Abounaddara qui signifie « l’homme aux lunettes » voit le jour en 2010 à Damas. Opérant d’abord comme une société de production de cinéma documentaire, elle réalise dese courts métrages qui dressent avec subtilité l’anti-portrait de la société syrienne. Des films dépeignant des individus et des situations ordinaires, mis en ligne sur le site du collectif et qui ne sont soumis à aucune censure. Abounaddara publie sur sa page Facebook en avril 2011 un manifeste intitulé « Que faire ? ». Il y soulève l’importance de capturer et de donner à voir des images dignes du combat du peuple Syrien pour la liberté.

 

Abounaddara s’est depuis transformé en collectif de réalisateurs autodidactes et bénévoles produisant un « cinéma d’urgence ». Il diffuse des courts métrages chaque semaine sur le site communautaire de partage de vidéos Vimeo. La mobilisation de ce collectif a réussi à faire émerger une écriture cinématographique éclectique, inspirée et réalisée par et dans l’urgence. Elle pose également un regard singulier sur la question de l’art engagé.

 

En effet, Abounaddara s’engage à travers l’image contre les diverses fièvres fanatiques gangrénant le pays et contre la médiatisation indigne du conflit. Les vidéos réalisées capturent la tragédie de la réalité syrienne en encourageant la compréhension et l'empathie. Chaque vidéo cherche à présenter un trait différent de la Syrie en guerre entre des factions toujours plus nombreuses. Dans ces vidéos, pas question de violence ni de contexte. Il est impossible de déterminer la religion, l’orientation politique ou la ville d’origine des personnages qui y sont mis en scène. La seule certitude qui nous est livrée est qu’ils sont tous Syriens.

 

 

La démarche du collectif s’inscrit dans la volonté de consolider le pouvoir de contre-information en réalisant des vidéos qui offrent non pas « une vérité alternative, mais une narration singulière susceptible d’impliquer le spectateur humainement, loin de toute considération politique ou nationale ». L’idée étant de représenter l’élan singulier du peuple syrien « en le préservant de toutes sortes de stéréotypes ou cases médiatiques préfabriquées ». Ainsi, la position du collectif est de créer un rapport de forces favorable à la reconnaissance d’un droit à l’image universel basé sur le principe de dignité et du droit à l’autodétermination.

 

 

Charif Kiwan, exilé Syrien, porte-parole du collectif et l'un de ses rares membres à révéler son identité déclarait en novembre 2015 : « Tout ce qui compte pour nous, c’est de défendre notre société en construisant une image contrastée, une image diverse, radicale et immunisée face aux cadres préfabriqués et au spectacle de guerre. Notre motivation personnelle est de ne pas succomber à la dépression. Nous continuons d’opérer sans financement ni protection. Nous ne possédons rien de plus que les images pour résister à cette catastrophique réalité ».

 

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